Le blogue de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales : des histoires du rétablissement, des expériences personnelles et des nouvelles concernant la santé mentale/ maladie mentale.

Monday, April 8, 2013

Blogue des membres: l'Association canadienne de counseling et de psychothérapie


Les bonnes personnes, au bon moment et au bon endroit
L'Alliance canadienne pour la maladie mentale et la santé mentale (ACMMSM) envisage « un pays où tous les Canadiens jouissent d'une bonne santé mentale. Les Canadiens ayant une expérience vécue de maladie mentale, leurs familles et leurs fournisseurs de soins doivent avoir accès aux soins, au soutien et au respect auxquels ils ont droit et qui sont équivalents aux autres états de santé. « Avoir les bonnes personnes au bon moment et au bon endroit avec les bonnes compétences pour répondre aux Canadiens lorsqu'ils ont besoin d'aide est essentiel. Cette vision prend une résonnance toute particulière avec nous à l'Association canadienne de counseling et de psychothérapie (ACCP).  Tout comme l'ACMMSM, nous vivons, travaillons, planifions et rêvons du principe de « promotion de la santé et du traitement des maladies mentales (comme étant) opportun, continu, interdisciplinaire, culturellement approprié et intégré tout au long du cycle de vie et de la continuité des soins (c.-à-d. santé physique et mentale; appuis sociaux et soins tertiaire liés aux soins à domicile et en milieu communautaire) » (http://camimh.ca/about-camimh/).

Qui sommes-nous?

l'Association canadienne de counseling et de psychothérapie (ACCP) est le domicile national, bilingue pour environ 5 000 professionnels en santé mentale dans toutes les provinces et territoires.  Nous avons 48 ans d'histoire de plaidoyer en faveur du rôle de la psychothérapie et de la consultation pour équilibrer la santé mentale, le mieux-être et le bonheur des Canadiens. L'ACCP soutient la diversité culturelle et l'importance des professionnels étrangers qualifiés en soins de santé mentale. Nous encourageons et soutenons activement la prestation de services, indépendamment et en collaboration avec d'autres professionnels en santé mentale en adoptant une approche d'équipe en fonction des besoins des clients.
 Nos membres sont des experts et des spécialistes dans de nombreux secteurs de la santé mentale liés aux diagnostics médicaux et DSM, de même qu'aux transitions ardues et traumatismes (p.ex. THADA, ESPT, TOC, traumatisme crânien, chagrin, inquiétude, troubles de l'alimentation, stress, dépression, idées suicidaires, colère, infertilité, toxicomanie, conciliation travail-vie, relations) et ils adoptent une variété de titres dans leur travail quotidien, y compris conseiller, infirmière, psychologue, travailleur social, professeur, conseiller-thérapeute, psychothérapeute, conseiller clinique, conseiller scolaire, conseiller d'orientation professionnelle et de nombreux autres.
Les conseillers et les psychothérapeutes au sein de notre association travaillent dans divers contextes, y compris les centres de réadaptation, l'industrie et les services correctionnels, fournissant une diversité de services aux clients tout au long de leur vie, y compris les enfants, les adolescents, les adultes, les couples, les familles et les groupes dans divers contextes.  Une grande majorité de nos membres travaillent dans les écoles, les collèges et les universités. D'autres travaillent pour des organismes à but non lucratif et dans des cabinets privés. Bon nombre de membres travaillent dans le secteur de l'emploi et dans des programmes d'aide à l'emploi. D'autres encore travaillent à l'élaboration de programmes, à la gestion du counseling et au gouvernement. 

Qu'est-ce que le counseling et quel rôle a-t-il à jouer dans la continuité des soins?
La continuité des soins nécessite une attention professionnelle à l'égard du , du moment opportun, de la coopération interdisciplinaire, de l'intégration et de la continuité des soins en fonction des éléments qui comprennent le paysage social, culturel et émotionnel et des besoins de la personne ou du groupe qui demande de l'aide. La distinction historique entre le counseling et la  psychothérapie (1960-1990) a diminué au XXIe siècle à mesure que les interventions thérapeutiques, les normes de la pratique et les conditions requises en matière de formation ont évolué; la plupart des professionnels de la santé envisagent maintenant leur travail en tant que continuum et bon nombre de nos membres à l'ACCP emploient souvent les termes counseling et psychothérapie de façon interchangeable. Nos psychothérapeutes et conseillers agréés entretiennent une vision commune, une portée et des normes de pratique en fonction des bases théoriques harmonisées, des domaines de compétences établis, de l’éthique et de la pratique professionnelle.
La définition officielle nationale de counseling parle « d'un processus relationnel se basant sur un usage éthique de compétences professionnelles spécifiques afin de faciliter le changement humain.  Le counseling aborde le bien-être, les relations interpersonnelles, la croissance personnelle, le développement de carrière, la santé mentale, ainsi que la maladie et la détresse psychologiques. Le processus de counseling se caractérise par l’application de principes cognitifs, affectifs, expressifs, somatiques, spirituels, développementaux, comportementaux, d’apprentissage et systématiques reconnus. » (http://www.ccpa-accp.ca/_documents/Symposium/).

Apprenez-en davantage en ligne et joignez-vous à nous en Nouvelle-Écosse

Notre site Web pour les praticiens et les personnes intéressés à la profession de counseling et de psychothérapie se trouve à l'adresse suivante : www.ccpa-accp.ca. Nous hébergeons également un site Web pour les membres du public qui sont curieux d'en connaître davantage sur la profession de counseling et de psychothérapie et sur la façon dont cela pourrait les aider. Le site Web destiné au public se trouve à l'adresse suivante :www.talkingcanhelp.ca/fr.

CCPA organise également les deux conférences, soit sur la recherche et sur la pratique. Notre prochaine conférence nationale aura lieu du 14 au 17 mai 2013 à l'hôtel Westin Nova Scotian, à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Avec plus de 70 présentateurs de même que les orateurs principaux Michael Ungar, Slyvie Giasson et Martin Antony, la conférence promet de divulguer des renseignements sur l'ampleur et la diversité de la profession. Pour en apprendre davantage ou pour vous inscrire à la conférence, rendez-vous au site Web suivant :


Monday, February 4, 2013

Blogue des membres : l’Association canadienne des ergothérapeutes


Quel lien existe-t-il entre l’ergothérapie et la santé mentale ?


Lorsqu’on s’interroge sur le traitement des maladies mentales, on ne pense pas à l’ergothérapie comme option. L’Association canadienne des ergothérapeutes espère changer cette mentalité, car les ergothérapeutes ont un rôle essentiel à jouer pour aider les personnes à mener une vie épanouie, active et remplie d’espoir, leur permettant ainsi de déterminer leurs buts, de prendre en charge leur traitement et de cheminer vers leur rétablissement.

Tracer un nouveau parcours

Pour les personnes atteintes de maladies mentales, qu’elles souffrent d’angoisse, de psychose, de dépendance ou de trouble de l’humeur, trouver des solutions pour faire face aux défis de tous les jours peut être accablant. Ces défis sont accentués par le manque de compréhension de la maladie mentale en général et le stigmate ou la crainte liée à l’inconnu.
Ce qui est sans doute également frustrant en ce qui a trait à la santé mentale, c’est que le cheminement vers le rétablissement ne suit jamais une ligne droite. Les options de traitement sont complexes et nécessitent souvent des années avant de pouvoir trouver le juste équilibre sur le plan de médication, de consultation, d’appui social, combinés à la recherche et l’apprentissage personnels. Voilà ou les ergothérapeutes peuvent être d’une aide précieuse pour les équipes de la santé mentale et peuvent fournir une solution importante à la complexité de la maladie mentale.
Les ergothérapeutes sont des professionnels de la santé hautement qualifiés qui contribuent à optimiser le potentiel des personnes en les impliquant aux activités de tous les jours (ou tâches quotidiennes). En d’autres termes, les ergothérapeutes travaillent avec leurs clients en vue de les aider à fixer des objectifs et à trouver des moyens d’effectuer toutes les tâches quotidiennes, que ce soit de se rendre au travail ou à l’école, de participer aux activités sociales ou de prendre soin d’elles ou des autres.

Ergothérapie : Solutions pour la vie quotidienne

Certains diront que le rétablissement à la suite d’une maladie mentale n’est pas seulement le fait de diagnostiquer un déséquilibre chimique ou une déficience du fonctionnement du cerveau, mais c’est aussi de déterminer des stratégies d’adaptation et de travailler avec les clients pour trouver une voie qui permet d’intégrer les activités importantes, de favoriser les interactions sociales et d’offrir des environnements positifs qui réduisent les facteurs déclencheurs.
Pour quelqu’un qui souffre de schizophrénie, par exemple, un ergothérapeute peut travailler avec cette personne et lui apprendre à mieux comprendre les déclencheurs environnementaux et les stratégies d’adaptation et l’encourager à faire face aux défis rencontrés au travail ou à l’école, à participer aux activités sociales et à apprendre à reconnaître ses limites dans des situations stressantes.
Les ergothérapeutes travaillent également avec les familles, les fournisseurs de soins de santé et les groupes d’intervenants en vue d’éduquer et d’accroître la sensibilisation au sujet de la maladie mentale et des obstacles à la santé mentale à la maison, au travail et dans la communauté pour favoriser les environnements de soutien pour leurs clients.

Friday, January 25, 2013

Ouverture des nominations pour les prix des champions de la santé mentale en 2013


Nous avons officiellement fait l’ouverture des nominations pour les prix des champions de la santé mentale de 2013. Le onzième gala annuel des prix des champions rassemble les décideurs politiques, les chefs d’entreprise, les membres des médias nationaux, les commanditaires et d’autres intervenants pour rendre hommage aux personnes et aux organismes qui, par leurs contributions exceptionnelles, ont fait avancé la cause de la santé mentale au Canada au cours de la dernière année.

Chaque année, nous rendons hommage à un groupe de Canadiens inspirants qui travaillent diligemment pour accroître la sensibilisation au sujet de la santé mentale et qui œuvrent pour enrayer la stigmatisation liée à la maladie mentale. Nous sommes vraiment reconnaissants de leurs efforts et ces prix sont une façon de célébrer et de reconnaître leurs contributions remarquables.

Le nombre sans cesse grandissant de membres champions représentent certains des meilleurs défenseurs des droits pour la santé mentale au Canada et chaque année, ce réseau multidisciplinaire composé de professionnels en santé mentale se développe. Cette portée impressionnante de professionnels permet à l’ACMMSM d’occuper une position unique pour stimuler les conversations au sujet de la maladie mentale dans toutes les régions du Canada. Ce réseau grandissant permet non seulement aux professionnels de la santé mentale de s’engager, mais démontre également aux Canadiens la valeur de la discussion ouverte comme moyen d’enrayer la stigmatisation.

Le gala en l’honneur des récipiendaires des prix des champions de la santé mentale pour 2013 aura lieu le 6 mai 2013 au Château Laurier. Les prix des champions de la santé mentale sont une composante clé des campagnes annuelles de sensibilisation de l’ACMMSM et sont rendus possibles grâce à l’appui généreux de leur commanditaire de présentation Bell, en tant qu’élément de l’initiative sur la santé mentale. En 2012, l’ACMMSM a reçu un nombre record de 40 nominations et a eu la tâche difficile de choisir seulement cinq récipiendaires. Les champions de 2012 étaient les suivants : Le sénateur retraité W. David Angus, Scott Chisholm, fondateur du ‘Collateral Damage Project,’ Dre Trang Dao, chercheuse psychiatrique, Michael Landsberg, animateur de TSN et le Cardinal Newman Peer Mentors.

 La maladie mentale est un problème qui nous atteint tous. Un Canadien sur cinq éprouvera un problème ou un trouble de santé mentale dans une année donnée. Encore plus nombreux seront ceux qui connaissent une personne qui en est atteinte. Nous espérons qu’en reconnaissant une partie du travail qui est réalisé pour accroître la sensibilisation, enrayer la stigmatisation et favoriser l’accès aux services et au soutien fera une différence pour la santé mentale au Canada.

 Pour nommer un champion et pour plus de détail, visitez le site Web fr-cacamimh.ca. Les soumissions seront acceptées jusqu’au 1er mars 2013 dans plusieurs catégories, dont les suivantes : secteur privé, secteur public, recherche, communauté (individuelle) et communauté (organisme).

Monday, January 7, 2013

Blogue des membres : La Société canadienne de schizophrénie


La Société canadienne de schizophrénie (SCS) est un organisme de bienfaisance enregistré à l’échelle nationale et qui est en fonction depuis 1979. Notre mission est d’améliorer la qualité de vie pour ceux affectés par la schizophrénie et la psychose par l’éducation, les programmes de soutien, l’ordre public et la recherche. Nous travaillons avec 10 sociétés provinciales pour aider les personnes atteintes de schizophrénie et leurs familles à améliorer leur qualité de vie en attendant que nous trouvions un remède. À la SCS, nous nous engageons à ce qui suit.
·         Accroître la sensibilisation et éduquer le public afin de diminuer la stigmatisation et la discrimination
·         Appuyer les familles et les schizophrènes
·         Préconiser pour des changements législatifs et de meilleurs traitements et services
·         Appuyer la recherche par le biais de la Fondation SCS et des efforts des intervenants indépendants

La schizophrénie et la psychose sont des maladies mentales graves. Trois pour cent des Canadiens, hommes et femmes, souffriront de psychose. Une personne sur cent souffrira d’une certaine forme de schizophrénie. Bien que ces conditions soient rares dans l’enfance, elles ont tendance à apparaître au milieu ou vers la fin de l’adolescence.

Les maladies mentales sont réelles et le chagrin dont souffrent les familles est réel. Mais le rétablissement… vivre au-delà des limitations de la maladie mentale est possible. Les personnes atteintes de maladies mentales comme la schizophrénie et la psychose ont des talents, des buts et des sentiments comme n’importe qui d’autre. Pourtant la maladie mentale peut avoir un effet profondément négatif, non seulement dans la vie de ceux qui en sont atteints, mais aussi pour leurs familles et leurs communautés. Les personnes vivant avec la maladie mentale et leurs familles sont souvent rejetées, devenant les cibles du préjudice social. Celles atteintes de schizophrénie peuvent également faire face à la pauvreté, être des sans-abri et ont un taux élevé de suicide.

Au Canada, les services de santé mentale sont difficiles à obtenir, particulièrement les services de santé mentale orientés vers le rétablissement. Les solutions sont complexes et difficiles à trouver, car les maladies mentales sont aussi complexes, comme le sont tous les humains. En tant qu’êtres humains, nous ne sommes pas simplement des êtres « biochimiques ». Nous avons un corps (biologique), un esprit (psychologique), un côté social (sociologique), une âme (spirituelle) et des relations (communales). Tenter de réduire le comportement humain où le traitement à une seule dimension est « réductionniste, » une philosophie mortelle. « Ne demandez point quelle maladie a une personne, mais plutôt de quelle personne la maladie s’est emparée. » Les services de santé mentale doivent être holistiques, axés sur la totalité de ce que cela signifie d’être humain.
Le rétablissement est plus probable lorsque toutes les questions de la vie sont abordées d’un point de vue humanitaire et curatif. Beaucoup de personnes atteintes de maladies mentales persistantes ont besoin de médicaments, mais tout autant sinon plus, elles ont besoin d’espoir, d’acceptation, d’inclusion sociale, d’hébergement sécuritaire, de revenu adéquat, d’aide pour leur traumatismes non résolus et leurs dépendances, de guérison spirituelle et d’un « rapport » avec leurs fournisseurs de services de santé mentale ou avec ceux qui essayent de les aider. Somme toute, ce qu’elles ont besoin ne se trouve pas dans un médicament. L’amour, la guérison et l’acceptation sont plus qu’un médicament. Beaucoup de personnes qui prennent des médicaments ne sont pas heureuses ou ne mènent pas une vie de qualité, mais dépendent plutôt de certains éléments mentionnés ci-dessus. Et pourtant, beaucoup de personnes ont la chance d’avoir un médicament qui les aide dans leur rétablissement !

Pour plus d'informations visitez:
www.schizophrenia.ca ou camimh.ca

Wednesday, October 3, 2012

Face-à-Face avec Alicia Raimundo


Mon nom est Alicia Raimundo et j’ai mené une vie plutôt intéressante, bien que n’ai que 23 ans. J’ai grandi dans une merveilleuse famille qui a comblé tous mes besoins et tous mes désirs. J’ai reçu une excellente éducation, autant dans le système des écoles publiques que privées. Pourtant, j’étais différente des autres enfants. Tant et aussi longtemps que je me souvienne, je n’éprouvais aucune joie ni de moments de bonheur comme les autres enfants. Je passais la plupart de mon temps à m’inquiéter du fait que je n’arrivais pas à être joyeuse et je me détestais de ne pas être parfaite. J’étais l’enfant que personne ne remarquait et je voulais désespérément attirer l’attention de mes camarades ou de mes professeurs. Dans mes moments les plus sombres, je me souviens avoir souhaité que quelqu’un me harcèle, dans le seul but que quelqu’un me remarque. Lorsque j’essayais de me faire des amis, j’étais tellement anxieuse de ne pas être à la hauteur que j’adoptais une attitude de vantardise ou bien je ridiculisais un autre enfant pour prouver que je valais autant que les autres. Bien sûr, ça ne fonctionnait jamais. Je me suis donc renfermée et j’en ai conclu que je ne pouvais pas me faire d’amis. À cette étape de ma vie, la solitude, l’anxiété et la dépression ont pris le dessus et j’ai décidé qu’il ne valait plus la peine de vivre. J’ai passé du temps à parler avec des experts, mais je voulais avoir le courage de m’enlever la vie jusqu’à ce que je rencontre une dame dans un cabinet de thérapeute. Elle m’a regardé et m’a dit « de la part d’une malade mentale à une autre, vous aurez besoin de ceci »; elle m’a remis un collier avec l’inscription ESPOIR. L’espoir était quelque chose que je n’avais jamais eu, enfin, à part espérer avoir plus de biscuits quand j’étais enfant. À cet instant, j’ai su que je ne devais pas m’avouer vaincue et que je devais tenter de me fixer de plus petits objectifs, plus facile à atteindre. Comme je mijotais cette idée dans ma tête, la fille de la dame est venue près de moi et a m’a dit « Désolée, ma mère souffre de trouble bipolaire et elle passe son temps à donner ses choses… puis-je ravoir le collier? ». Cette dame et sa fille m’ont sauvé la vie et elles ne le sauront jamais. J’ai commencé par espérer être là lorsque ma sœur a reçu son diplôme de l’école secondaire (qui a eu lieu il y a deux ans) et maintenant, j’espère rester en vie pour prouver à d’autres que la vie n’a pas besoin d’être si difficile. Je suis motivée par les nombreux organismes axés sur les jeunes comme MindYourMind et j’ai de nombreuses tactiques en place pour faire face aux mauvais jours.
Le rétablissement est possible, car nous sommes tous des super héros de la santé mentale. Nous luttons contre notre maladie comme les méchants dans les bandes dessinées et nous sommes assez forts pour nous être rendus jusqu’à aujourd’hui, et lire ce blogue. Le rétablissement est plus facile lorsqu’on peut lutter contre les méchants sans masque. Lorsque nous nous sentons plus en confiance dans nos collectivités et que nous savons que de lutter contre la maladie mentale est bien et non quelque chose de honteux. Notre société n’a pas encore cette prise de conscience, mais avec de grands événements comme la SSMM, des organismes de bienfaisance extraordinaires et des grandes entreprises comme Bell, nous y arriverons dans un avenir prochain. Nous devons y arriver afin que les personnes n’aient pas à choisir entre aller mieux ou avoir le respect de la société. Nous devons leur donner la chance d’être Iron Men ou Iron Women, de lutter contre leur maladie, de combattre leurs méchants et de gagner le respect pour savoir rester forts et atteindre leurs objectifs malgré tout. 

Tuesday, October 2, 2012

Face-à-Face avec Laurie Pinard


Bonjour, mon nom est Laurie et je vis avec une maladie mentale. Mon histoire est à propos de l’espoir. Mon histoire est à propos du combat. Je suis une femme de 44 ans, qui a combattu le désespoir et l’obscurité afin de retrouver la santé. J’ai perdu tout ce que j’avais et j’ai presque perdu la vie. Je suis ici pour donner de l’espoir à quiconque souffrant de maladie mentale, car il est possible de se sentir mieux et de mener une vie productive et pleinement satisfaisante.

J’avais une bonne qualité de vie, mais j’ai tout perdu – ma carrière en politique, mon argent, mes biens et la plupart de mes relations à cause de la maladie mentale. Pendant des années, j’ai souffert de trouble bipolaire, jusqu’à ce que je touche le fond en 2009. À plus d'une reprise, j’ai tenté de me suicider et j’ai été hospitalisée à répétition. Ce n’est pas avant la quarantaine que j’ai admis avoir besoin d’aide et que j’en ai demandé.

Jamais je n’ai pensé que je pourrais aller mieux. Je n’ai jamais cru en l’espoir ou en la possibilité d’une existence saine. Tout ce que je voyais, c’était l’obscurité. Mon esprit ne fonctionnait pas. Mon corps éprouvait de la douleur constamment. J’étais une personne brisée. Comment cela pourrait-il être possible que je puisse un jour me sentir mieux? Enfin, j’avais tort et lentement mais sûrement, j’ai retrouvé ma santé et je suis revenue à mes sens.

La voie du mieux-être a débuté tranquillement. Au fil des jours, j’ai mis un pied devant l’autre et j’ai progressé vers la stabilité. Un bon psychiatre, un incroyable thérapeute, l’appui affectueux de mes parents, un régime stable composé de suppléments nutritionnels, beaucoup de sommeil réparateur ainsi que beaucoup d’exercice physique figurent parmi l’aide que j’ai reçue. Toutefois, l’unique et le plus important élément de mon rétablissement était moi. J’ai finalement décidé d’être responsable de chaque aspect de ma vie, de ma maladie, de mon rétablissement, de mon traitement – absolument tout. C’est cette décision d’affronter mes peurs et de choisir de vivre au lieu de rester dans l’obscurité qui a fait la différence dans mon rétablissement. J’ai décidé de changer mon attitude. Je suis passée de victime de la maladie mentale à championne d’un mode de vie sain et ce, en dépit d’une invalidité mentale.

Être responsable signifiait travailler fort, plus que je n’avais travaillé auparavant. Cela signifiait me lever lorsque je ne le voulais pas, faire face à mes peurs lorsque j’étais terrifiée et repousser mes limites malgré les difficultés. La clé pour retrouver ma santé et pour me rétablir fut d’accepter ma responsabilité et de combattre pour la vie que je rêvais. Je voulais être en santé, forte, indépendante et je voulais m’épanouir. La seule façon qui me permettrait d’atteindre ces buts était de combattre  – combattre, combattre, combattre !

Aujourd’hui, je suis fière de dire que je suis professeure de course à pied et je motive les autres. Je suis aussi retournée à l’université dans le domaine du travail social. Je veux devenir travailleuse sociale afin d’aider les autres qui, comme moi, livrent bataille avec les problèmes de la maladie mentale. Je souffre toujours de trouble bipolaire, mais aujourd’hui, j’ai appris à vivre avec ce trouble et j’ai appris à me créer une vie où je peux m’épanouir. Chaque journée demeure ardue, mais depuis que j’ai pris la décision d’affronter mes peurs et d’accepter des défis difficiles, j’ai développé la force de travailler avec mon invalidité et de faire face à la vie. Quiconque, absolument quiconque, peut revenir des tréfonds du désespoir afin de vivre et de s’épanouir. Je l’ai fait.

Wednesday, September 26, 2012

Face-à-Face avec Sandra Yuen MacKay


             Mon nom est Sandra Yuen MacKay et je souffre de trouble schizoaffectif, une combinaison de schizophrénie et de trouble de l’humeur. L’apparition de ma maladie au début de l’adolescence a été graduelle – tellement graduelle que je croyais que les voix et les idées dans ma tête étaient réelles. Même après avoir été diagnostiquée, ces fausses croyances étaient enracinées en moi. J’ai quand même continué à prendre ma médication et j’ai lutté autant que j’ai pu afin de vivre une vie aussi normale que possible. Chaque fois que j’étais en période de crise ou que je me retrouvais à l’hôpital, ma famille souffrait avec moi. C'est à l'âge de 32 ans, lors de ma dernière rechute importante que j’ai réalisé que je devais changer ma négativité et mon attitude autocritique si je voulais m’améliorer. J’ai commencé à nager et je me suis entraîné au gymnase, j’ai pratiqué le dialogue interne positif, j’ai appris des choses sur le rétablissement et j’ai ravivé mon intérêt pour la peinture. J’ai commencé à écrire et à être publiée. Je me suis fait des amis. Le rétablissement signifiait pour moi avoir un objectif et être heureuse dans la vie; cela signifiait, trouver ma place et être incluse socialement. Je me suis redéfinie en tant qu’artiste, écrivaine et conférencière. En devenant proactive dans mon propre rétablissement et en aidant les autres en racontant mon histoire, j’ai évolué en une Sandra plus confiante, plus résistante et plus mature.

            Aujourd’hui, lorsque j’ai une pensée perturbatrice, je me questionne. Est-ce bien réel ou s’agit-il de paranoïa? Est-ce similaire à d’autres illusions éprouvées dans le passé? Suis-je anxieuse à propos de quelque chose qui peut me porter à avoir un symptôme?

            Chaque personne a une histoire différente. Certaines personnes vivent avec la maladie mentale et ne peuvent pas travailler, ne peuvent pas s’acheter de nourriture ni subvenir à leurs autres besoins, même en recevant des prestations d’invalidité. Je crois toutefois qu’avec de nouveaux médicaments, une amélioration des soins et du soutien ainsi qu’une augmentation du financement gouvernemental, le rétablissement est possible. Si les besoins essentiels de ces personnes sont comblés, elles ont une meilleure chance de s’en sortir. En Colombie-Britannique, le Vancouver Coastal Health a ouvert plus de 200 nouveaux lits en soins tertiaires pour les personnes atteintes de maladies mentales. Cette initiative offrira des soins holistiques à ces personnes en plus de leur fournir les outils nécessaires pour qu’elles puissent se réintégrer dans la communauté lorsqu’elles seront prêtes. Il reste cependant encore du travail à faire.

            Plus tôt une personne recevra de l’aide, meilleur sera le pronostic. Dans mon cas, l’appui de ma famille et de mes amis a été crucial. Tout d’abord, j’ai dû croire en moi, me renseigner sur la maladie mentale et me créer une trousse à outils de bien-être, incluant un programme de maintien quotidien afin de me sentir bien, maîtriser le stress, disposer de stratégies d’adaptation et avoir accès à une médication appropriée. Je prends conscience de mes petits accomplissements et je remplace l’autostigmatisation avec une meilleure image de moi-même. Je m’ouvre aussi à de nouveaux défis.

            Cette année, j’ai également reçu le prix Courage to Come Back, dans la catégorie de la santé mentale pour les personnes qui ont affronté de graves difficultés, qui se sont relevées et qui ont contribué quelque chose à la communauté.

            Afin d’en apprendre davantage sur mon mémoire My Schizophrenic Life : The Road to Recovery from Mental Illness et sur mon art, visitez mon blogue à : http://symackay.blogspot.com